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ARTICLE PARU EN NOVEMBRE 2013 DANS LA TRIBUNE DES ARTS

Fondée en 1966, l'entreprise genevoise R. Mazzoli pratique cette spécialité artisanale en créant ou recréant à la perfection des décors ornementaux.

detail victoria hall

C'est la rénovation du Victoria-Hall à la suite de l'incendie de 1986 qui reste la référence de l'entreprise R. Mazzoli dans le domaine du staff et de la décoration. «II fallait, explique Richard Mazzoli, le fondateur, reconstruire la partie du plafond surplombant la scène et restaurer dans leur totalité la voûte et les galeries de ce bâtiment historique construit dans les années 1891-1894 par l'architecte John Camoletti.» Avec le temps, cette monumentale rénovation est devenue comme la carte de visite et le fleuron de cette entreprise qui, créée en 1966, s'est transférée en 1986 a Thônex face au Salève et emploie désormais quelque 60 collaborateurs.

«C'est la réfection de la voûte sur la scène, la même où avait pris l'incendie criminel dont la chaleur avait fait exploser les staffs, qui a constitué la partie la plus importante du travail de nettoyage et de rénovation.» Après la construction d'un échafaudage de 12 mètres, un atelier a été installé sur place afin de procéder rapidement aux réfections légères des éléments de petite taille. «Le reste a été fabriqué dans nos ateliers sur la base de relevés exécutés sur place et de photographies.» Ce travail minutieux et de longue haleine a duré un an et demi et a mobilisé en permanence toute une équipe de modeleurs, mouleurs et staffeurs de l'entreprise. Ils se sont fiés à des fragments de sculptures qui avaient été conservés. «Les techniques de relevés actuelles permettent de prendre des empreintes d'éléments décoratifs même très complexes et d'en reproduire des copies très fidèles dans les ateliers.»

Mais au fait, qu'est-ce que le staff? Un mélange de plâtre et de fibres végétales, de fibres de verre ou de métal. Son grand frère, le stuc, peut imiter à la perfection la pierre, le marbre ou la brique même. Une technique perfectionnée mais qui existe depuis l'antiquité et qui convient parfaitement aux monuments historiques. «Notre entreprise, précise Richard Mazzoli, a par exemple utilisé le stuc sur les grandes voûtes et les murs de la Poste centrale de la rue du Mont-Blanc, un édifice construit par John Camoletti également.»

«Les staffeurs passaient pour les gentlemen du bâtiment, en chapeau haut­de-forme et lavallière.»

Des moules faits main

moules faits mainDans ces ateliers qui s'étendent sur plus de 600 m2 à l'arrière des bâtiments, tout est fait main, jusqu'aux moules qui n'ont rien d'industriel comme souvent. Ce sont eux, une fois mis au point, qui permettent d'accueillir le plâtre sous sa forme liquide.

Colonnes, statues, corniches, rosaces, pilastres, de style classique ou moderne, ce matériau permet de donner libre cours a la créativité des architectes et des décorateurs.

«Ne disait-on pas au début, se rappelle Richard Mazzoli, que les staffeurs passaient pour les gentlemen du bâtiment qui, en chapeau haut-de-forme et lavallière, posaient des éléments décoratifs comme les oves sur les corniches, les feuilles, d'acanthe ou de laurier le plus souvent, et les perles?»

Autrement, c'est le staff classique, celui des plafonds et des parois, qui règne en maître sur les derniers chantiers de R. Mazzoli, comme le spa du Four Seasons Hôtel des Bergues à Genève ou encore les boutiques Chanel et Harry Winston. Cette spécialité a donc de beaux jours devant elle. Ce qui n'empêche pas Richard Mazzoli d'émettre un regret: que ce métier artisanal ne bénéficie encore d'aucun CFC ( certificat fédéral de capacité) en Suisse. «Nous nous battons pour faire perdurer cette profession à travers un personnel qualifié ou formé au sein de notre entreprise.»

TRIBUNE DES ARTS : NOVEMBRE 2013
par Michel Bonel

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